Un Ordre né dans une auberge: les Dominicains

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Un Ordre né dans une auberge: les Dominicains

Breviarium ad usum fratrum Predicatorum (Bréviaire de Belleville), vol. II – Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Latin 10484, folio 272r.

Pour éviter toute équivoque, je voudrais expliquerd’emblée l’origine de ce titre au premier abord irrespectueux et irrévérencieux envers st Dominique de Guzman (Caleruega1170 env.-Bologne 1221), espagnol, fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs (dont nous fêterons la Translation le 24 mai), et peut-être plus encore envers ceux qui, depuis huit cent ans, sur les cinq continents, femmes et hommes, participent par leur vie et les formes multiples de prédication aucharisme dominicain de l’Amour de la Vérité et en témoignent. 

Voici quelques jours, je parlais avec un laïc dominicain de la situation d’ignorance générale et de confusion qui,dans tous les milieux et à tous les niveaux, distingue les temps présents, aggravée par internet où tout le monde peut s’exprimer indépendamment du fait que cela soit vrai ou faux, rationnel ou non (cf U. Eco). Cet homme mit en évidence l’incroyable actualité du charisme que Dieu a confié à Dominique pour son Eglise d’hier et d’aujourd’hui: l’annonce de la Vérité! En effet cette ignorance et cette confusion, que j’ai pu vérifier personnellement parmi les membres du clergé, dans la vie consacrée et parmi de nombreux laïcs quand j’ai publié les précédentes réflexions sur le Sacrement de pénitence et les limitations possibles que peut avoir l’exercice de la liberté religieuse de la part de l’État, sont apparues de façon inattendue. Ce laïc engagé et préparé notait très justement que l’Ordre dominicain en fin de compte était né dans une auberge à Toulouse (cfP. Lippini, La vita quotidiana di un conventomedievaleGli ambienti, le regole, l’orario e le mansioni dei Frati Domenicani del tredicesimo secoloBologna 2008, p. 11) laquelle, à cette époque, était leberceau du mouvement hérétique appelé des ‘albigeois’ (cathares) et où l’ignorance et la confusion étaient maîtres. Eh oui: né dans une auberge! Ce trait d’humour m’a frappé et a provoqué en moi les réflexions suivantes. Mais pour l’expliquer au lecteur, je rappelle brièvement l’épisode de la vie de saint Dominique auquel le laïc faisait référence, afin d’éviter qu’on puisse penser que l’Ordre est né dans une auberge sous l’effet du vin! Il est plutôt né sous l’effet des ‘vertiges’ que seul l’Esprit Saint peut donner.

Dominique, jeune chanoine de la Cathédrale d’Osma, à l’automne 1203, était en voyage avec l’évêque Diègued’Acebes, envoyé en mission diplomatique au Danemark par le Roi Alphonse VIII de Castille. Traversant le sud de la France, il prit conscience de laconfusion et de l’instabilité religieuse et sociale dans laquelle s’enfonçait le peuple de Dieu en raison de l’hérésie cathare et des menaces des tribus païennes des Coumans qui, depuis la Hongrie, par des invasions régulières, terrorisaient une grande partie du Nord de l’Europe (cf H. Vicaire). Au cours de ce voyage,Dominique se mit dans une attitude d’écoute religieuse, réfléchissant sur ces évènements qui, pour lui qui provenait d’un coin tranquille et perdu de la vieille Castille, devaient être un vrai choc. La Providence offrit à Dominique et à l’évêque Diègue de trouverl’hospitalité dans une auberge dont le propriétaire appartenait à l’hérésie. Il passa donc toute la nuit écoutant les paroles de colère et de mépris de cet homme contre l’Eglise, homme riche et en même temps lié au pouvoir séculier, un homme qui s’appropriait en un seul mouvement, sans distinction ni réflexion, des vérités partielles et absolues que propageaient les hérétiques. Dominique écouta.  Il ne se contenta pas d’entendre, il ne jugea pas l’hôte, au contraire il se fit proche, mais, non sans une fausse bonhomie au nom de laquelle il lui donna raison en le confirmant presque dans sa façon de penser, il démolit point par point ses certitudes et il dégonfla sa colère. Il entra dans un vrai dialogue avec lui qui mit face à face son interlocuteur avec des argumentations raisonnées à la lumière de la foi, aidant l’hôte à distinguer le vrai du faux, la vérité du message évangélique et ses contrefaçons qui attirentmais systématiquement déçoivent par le simple fait que son dieu était créé par l’homme et n’existait pas. Dans cette écoute et dans la confrontation qui s’en suivit, Dominique, comme le Christ avec les disciples d’Emmaüs (Évangile proclamé durant l’Octave de Pâques) a rompu tout d’abord la Parole (cf Lc 24, 27)jusqu’à ce que l’hôte, comme les disciples, reconnaisse l’unique vrai Dieu révélé par le Christ, en passant de la déception, de l’erreur, de la sensation d’être complètement perdu, à la joie du cœur, découvrant d’avoir toujours été aimé et jamais trompé (cf Lc 24, 32). Comme ces disciples, il découvrit avoir cru tout savoir de Lui mais sans l’avoir jamais réellement rencontré et sans s’être laissé saisir par le Fils de Dieu. Comme les disciples d’Emmaüs qui, après avoir écouté et accueilli la parole, découvrirent en cet inconnu leChrist qui ne fut plus un inconnu pour eux, comme compagnon indispensable de leur propre pèlerinage terrestre et qui décidèrent alors de revenir à Jérusalem de nuit, l’hôte découvrit l’aube nouvelle d’une façon différente. En effet l’arrivée du jour nouveau vit la naissance de deux hommes nouveaux : l’hôte converti à la vraie foi et Dominique qui, touché par Dieu, vitcomme il est nécessaire d’aider le prochain à redécouvrir ce qui est vrai, juste, bon, beau! 

Par quoi Dominique fut-il touché au point de retourner son existence méthodique et tranquille? A ce propos nous pouvons lire ce qui a été écrit par son successeur à la tête de l’Ordre: “Quand il apprit que les habitants de cette région étaient hérétiques, il éprouva une grande compassion pour tant d’âmes misérablement trompées par l’erreur” (Iordanus de Saxonia, Libellus de principiis Ordinis Praedicatorum, n. 15: Libellus). Je suis convaincu que Dominique s’est rendu compte avant tout que, derrière le refus et la colère de tant de personnes envers l’Eglise institutionnelle de l’époque, il y avait une recherche du sens de leur existence, en fait une soif de Dieu. Et surtout qu’à l’intérieur de tous les hommes qui combattent les uns contre les autres etse méprisent jusqu’à se haïr, il y a en fait les mêmes attentes et les mêmes espérances d’amour, de partage fraternel. Il a eu l’intuition que si l’on fait émerger, par la vraie foi et la grâce de Dieu, ce “noyau” de bien qui est présent en chacun, il est possible de devenir meilleur. Dominique en même temps prit conscience des conséquences que pouvaient avoir les infidélitésdes hommes d’Église (non pas de l’Église mais de ceux qui la trahissent: cf card. C. Journet) et également des faussetés et mystifications de l’hérésie. Au cours de la nuit passée à Toulouse, en dialoguant avec l’hôte hérétique, un monde nouveau lui apparut, ses yeux virent une réalité sur laquelle il concentra toute sa compassion. Il sentit grandir en lui la responsabilité du fait d’être collaborateur du Christ pour le salut des autres et il dépensa toutes ses forces en se faisant, comme st Paul, tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns (cf 1 Co 9, 22), pour: “… accueillir tous les hommes dans le large sein de sa charité et, parce qu’il aimait tout le monde, tout le monde l’aimait. Il faisait siennes ces paroles: se réjouir avec qui se réjouit, pleurer avec qui pleure” (Libellus, n. 107).

Dominique donc, commença de fait à entrevoir, à partir de ce dialogue franc et dépassionné dans cette auberge, symbole pour moi du monde réel, l’importance de la charité dans la vérité et de la vérité dans la charité qui marqua sa vie et sa prédication de la Vérité qu’est le Christ, sans jamais s’écarter du fait d’être embrassé par la charité (cf Ep 4, 15; bx G. Girotti). Convaincu que l’homme n’est pas contre Dieu, mais souvent contre une fausse idée de Dieu, docile à l’Esprit Saint, il fonda l’Ordre des Frères Prêcheurs (Dominicains, institués par Onorius III avec les deux Bulles Religiosam vitamdu 22 décembre 1216 et Gratiarum omnium largitoridu 21 janvier 1217), afin que, par le témoignage de leur vie et la profondeur d’une étude sapientielle et non notionnelle, ils annoncent à leurs frères la Bonne Nouvelle à la lumière de laquelle ils puissent accueillir le projet d’amour de Dieu et donc le sens de leur vie. Un charisme d’une actualité surprenante et déroutante si on regarde, comme je l’ai rappelé précédemment, la confusion à tous les niveaux et dans tous les milieux qui condamnent l’homme au malheur. Une prédication (“… opportune et inopportune …” [2 Tim 4, 2]), dans l’intention de saint Dominique, toujours comprise comme proposition et jamais comme imposition, et ceci dans la fidélité au Christ qui n’a jamais contraint personne à suivre l’Évangile : “Si tu veux …” (Mt 19, 21). Un Ordre qui en conjuguant la vie contemplative et la vie active réalise une excellence dans la vie religieuse, comme nous le rappelle st Thomas d’Aquin: “… les œuvres de la vie active sont de deux types. Les unes dérivent de la plénitude de la contemplation, comme l’enseignement et la prédication. C’est ainsi que st Grégoire [in Ez hom. 5] affirmait : les paroles de l’Écriture [Ps 145, 7] ‘diffusent le souvenir de ton immense bonté’, ‘elles se rapportent aux parfaits qui reviennent de la contemplation’. Cela est à préférer à la simple contemplation. De la même façon qu’illuminer est plus que seulement resplendir, ainsi communiquer aux autres les vérités contemplées est plus que simplement contempler. […] Ainsi donc, la première place parmi les instituts religieux revient à ceux qui sont ordonnés à l’enseignement et à la prédication. De plus, ces derniers sont plus proches de la perfection des évêques : comme également dans les autres êtres ‘l’infime du rang supérieur vient toucher ce qui est le plus haut dans le grade inférieur’, selon l’enseignement de Denis l’aréopagite [De div. nom. 7, 3]. –La deuxième place revient par contre aux ordres consacrés à la contemplation. – la troisième enfin à ceux qui se consacrent aux occupations externes ” (SumTeol, II-II, q. 188, a.6 c.). 

La confusion et l’instabilité de l’époque de st Dominique ne sont pas une réalité chronologique mais plutôt une vérité ontologique: elle est liée à l’essence de l’homme après le péché originel et donc rien de nouveau sous le soleil (cf Qo 1, 9). La crise actuelle que nous vivons à cause du covid-19, comme toute crise, fait émerger le meilleur et le pire de chacun et, enmême temps, met en évidence les limites de situations qui révèlent leur absurdité constitutive, en particulier en relation au bien commun qui aujourd’hui, par le fait de la globalisation, devrait devenir bien universel. Dans un monde ‘perdu’, proie facile des différents ‘enchanteurs’ à la mode qui promettent tout et son contraire (justice, bonheur, bien-être, liberté entendue comme faire ce qu’on veut), on comprend combien la charité de la vérité, dont Dominique a eu l’intuition dans cette auberge de Toulouse, est nécessaire. C’est la réponse aux attentes de toute femme et de tout homme. À travers un témoignage et un ministère qui portent à répondre aux différentes difficultés ou manque d’espérance avec les paroles de Pierre au Christ: “’Seigneur, à qui irions-nous, c’est Toi qui as les paroles de vie éternelle’” (Jn 6, 68).

Comme dans cette auberge de Toulouse, où Dominique s’est rendu compte du danger de l’ignorance et de la nécessité d’éduquer et de proposer la vérité aux personnes, de les faire raisonner en les libérant de l’esclavage de la ‘sensation’, ainsi aujourd’hui les frères prêcheurs sont appelés à tous les niveaux de la vie sociale, mais avant tout au niveau ecclésial, à démasquer les différentes prétentions d’être ce que nous ne sommes pas, d’agir d’une façon contraire à son propre bien et au bien des autres. Sans rester spectateurs passifs de ce qui se passe en se limitant à regarder ce qui arrive, mais en s’engageant à voir les problèmes, les difficultés, les doutes, la colère comme des occasions de grâce, sans se limiter à croiser les personnes et leurs problèmes le long du chemin de la vie mais en désirant toujours les rencontrer. Quant à ce qui s’est passé dans cette auberge et qui changea la vie de saint Dominique, je rappelle aux moniales, aux frères, aux sœurs et aux laïcs dominicains que notre charisme naît de l’incarnation de notre foi dans la vie quotidienne des personnes. Ceci exige de tous un soubresaut de cohérence avec ce que nous avons librement embrassé, concrètement à cultiver avant toute chose notre intime relation avec Dieu dans une prière nourrie par l’étude et par une étude qui trouve sa raison d’être dans le désir de connaître toujours plus Celui qui m’aime depuis toute éternité (cf sainte Catherine de Sienne). Seulement ainsi nous pourrons donner un témoignage de cette Parole de vérité, comme le fit Dominique avec l’hôte, et non par toutes nos paroles qui montrent leur insignifiance et produisent des réactions contraires, quand elles sont de plus contredites par l’incohérence de notre propre vie.  Dominique, en effet, fut avant tout un homme de Dieu (il parlait avec Dieu ou de Dieu) et donc profondément honnête, il sut reconnaître et accorder aux choses leur ordre juste. Une des choses qui m’ont le plus touché, il sut reconnaître et donner l’ordre ajusté aux choses. Une des choses qui m’ont le plus touché en lisant pour la première fois sa vie écrite par le P. Lacordaire fut que lui, si pauvre, qui donnait tout aux nécessiteux, qui n’avait pas même une cellule qui lui était propre et prétendait que ses frères n’aient aucune propriété leur appartenant, exigeait pour la liturgie ce qu’on pouvait réaliser de plus beau et de plus précieux: rien n’était de trop pour Dieu et il fallait tout donner à qui se trouvait dans le besoin. En lisant cela, commejeune étudiant en droit, je pensais: il y croyait vraiment et il avait compris comment sont les choses!

L’homme d’aujourd’hui est l’hôte de Toulouse, qu’il le sache ou non, et il attend de rencontrer quelqu’un qui puisse l’aider à sortir des ténèbres de la nuit pour renaître de nouveau comme le jour nouveau, à être une créature nouvelle (cf Ga 3, 26-27). Que faire alors? Il serait long d’entrer dans les détails et ce ne serait pas le moyen adapté pour commencer mais tous seront sûrement d’accord avec ce qu’a écrit le bienheureux Jourdain de Saxe (1176 env.-1237), successeur de saint Dominique à la tête de l’Ordre, qui synthétise ainsi le charisme des frères prêcheurs: Vivre honnêtement, apprendre et enseigner (cf G. di Fracheto, Vitae Fratrum, P. III, C. 8, n. 163). L’Ordre dominicain est né dans une auberge où Dominique, homme profondément religieux et honnête, apprit à écouter l’hôte auquel il enseigna la vérité de l’Évangile qui libère; alors nous aussi qui avons été ‘capturés’ par l’actualité de son charisme nous sommes appelés à être honnêtes, à apprendre et à enseigner ce qui nous a été transmis par la Révélation et par la Tradition, en cette auberge qui est toujours et reste le monde. 

            L’an prochain sera célébré le VIIIème centenaire de la mort de celui que ceux qui suivent son charisme nomment avec une affection filiale le Saint PèreDominique (1221-2021). Comme la célébration de chaque anniversaire dans la vie de chacun et de chaque institution, c’est déjà et dès maintenant l’occasion des bilans, des résolutions et des projets. Généralement dans ces occasions chacun sort exposer les ‘bijoux de famille’, prenant le risque de ne pas tenir compte des faiblesses et des fragilités, ces scléroses qui sont normales quand la vie d’une personne ou d’une institution est particulièrement longue. Quand il s’agit d’un ordre religieux, on pense presque toujours à comment le ‘réformer’, c’est-à-dire comment le faire revenir à la pureté des origines, oubliant le danger d’une semblable opération si elle n’est pas conduite avec intelligence et foi pour y cueillir l’action de l’Esprit dans l’histoire. A partir d’une lecture de l’histoire de l’Eglise à ce sujet, nous apprenons que les vraies réformes sont celles qui ont réussi à faire rencontrer et canaliser des exigences communes. Promues d’en haut et reçues et diffusées d’en bas, ou plus exactement parties d’en bas sans rencontrer des freins grâce à des d’autorités illuminées. C’est le secret de l’unité de l’Ordre Dominicain après plus de huit cents ans. 

Beaucoup d’initiatives ont de toute façon été programmées en ce sens, bien qu’actuellement, face à la crise due à la pandémie, nul ne peut être sûr qu’elles auront lieu et sous quelles formes, ni même seulement qu’il sera encore en vie pour y participer. Etant donné les circonstances je me suis demandé: comment puis-je personnellement célébrer un anniversaire si significatif pour moi, qui depuis plus de quarante ans en expérimente le don, qui comprend comme toujours joies et douleurs, de vivre le charisme laissé par Dominique? Je suis en effet convaincu qu’au fond, au-delà des commémorations, du souvenir des évènements et des personnes liés à ce charisme qui ont contribué à son histoire, la chose la plus importante est mon engagement personnel à vivre honnêtement, apprendre et enseigner, avec tout ce que cela comporte en cohérence avec ce que Dominique a vécu et nous a transmis. Tout cela se résume en une simple mais au même temps forte parole: conversion! Engagement qui est vital pour moi et exige mon initiative personnelle même lorsque je ne reçois pas ce que je devrais au niveau institutionnel. Non pas la conversion des autres mais la mienne, non pas réalisé en se réfugiant dans le passé, dans l’extériorité formelle (ou, pire, dans l’esthétisme), mais en m’engageant quotidiennement à mettre toujours Dieu à la première place, à donner à Lui seul les prémices et non les restes de ma journée (cf Gn4, 3-7), en vérifiant la véridicité de cela dans mon engagement en vie communautaire, dans une communauté qui est toujours le lieu du pardon et de la fête (cf J. Vanier), en découvrant que nous sommes là où nous sommes, non parce que nous nous sommes choisis et que nous nous plaisons, parce que nous avons les mêmes idées, la même éducation et sensibilité, mais seulement parce que Dieu nous a réunis par notre foi. Alors nous ne pouvons pas penser vivre la vie fraternelle dans une communauté religieuse seulement avec les vertus cardinales (mais pas plus en se dispensant de la bonne éducation, du respect du dernier venu pour ceux qui sont là avant lui: cf 1 Pt 5, 5) ; les vertus théologales sont nécessaires: la foi, l’espérance, la charité. Je dois donc en conclusion remercier ce laïc dominicain qui, par ce trait d’humour – nous sommes nés dans une auberge – m’a amené à repenser les priorités et la cohérence du charisme dominicain et de ma vie et surtout comme il nous est vital, de nous renouveler pour être un “… homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté” (Ep 4, 23-24), afin de pouvoir être au nom du Christ prêcheurs de la conversion et du pardon des péchés, en commençant par cette Jérusalem qui est le lieu où Dieu nous a voulus (cf Lc 24, 47-48) ), et même quand la vie semble une disgrâce depuis la naissance ou par la suite (cf Act3, 2).
Roma, Angelicum,15 avril 2020

P. Bruno, O. P.

*Un mot de remerciement aux sœurs dominicaines de sainte Catherine de Sienne pour la traduction du texte en français et à mons. Patrick Valdrini pour sa révision.

** La version originale, plus courte en italien, sera publiée dans le magazine de la vie religieuse ‘Testimoni’.

*** Le versioni in lingua inglese e spagnola saranno pubblicate nei prossimi giorni.